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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.






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Courrier mensuel de l'Office de Documentation et d'Information de Normandie

Mardi 19 Janvier 2021

Sous les sabots de Sleipnir, le coursier d'Odin…
Actualités normandes du 4e Trimestre 2020.


Pouvait-on imaginer plus agréable symbole de beauté et d’optimisme que le merveilleux France 2021, pour inaugurer la nouvelle année ? À tous nos lecteurs, auditeurs et internautes, tous les membres des équipes dirigeantes des associations du Groupe Mouvement Normand, parmi lesquelles l’O.D.I.N., souhaitent une bonne nouvelle année. En espérant qu’elle sera meilleure pour la Normandie et les Normands que la calamiteuse année 2020.

Quand allons-nous sortir de cette étrange pandémie du coronavirus Covid 19, dont on subit actuellement le deuxième assaut ? Nous n’en savons rien. Ce que l’on constate, c’est que cette seconde vague est plus mal ressentie par nos compatriotes, même si ses conséquences en matière économique paraissent moindres (et cela dépend pour qui !). Faut-il craindre un troisième assaut du virus ? Nous sommes dans l’expectative et rien que cela alimente notre inquiétude.
C’est donc avec cette épée de Damoclès, à tous les instants, que nous allons essayer de faire un bilan de situation des actualités normandes de ce dernier trimestre 2020, année noire s’il en est. Les conséquences de la pandémie sont difficiles à évaluer : le désastre économique, social et culturel est comparable aux effets de la crise de 1929 et de la Seconde Guerre mondiale (moins les destructions et les centaines de milliers de morts). Il va falloir se retrousser les manches si l’on veut en quelques années (trois, cinq, dix ?) retrouver le dynamisme d’avant la crise virale et un niveau de production, en tous domaines, analogue à l’avant-mars 2020… Et nous ne parlons pas des dettes dont on ne sait même pas s’il faudra les rembourser. (Nous pensons qu’il le faudrait, d’aucuns, plus réalistes ou plus cyniques pensent nous en dispenser…). Ce que nous allons devoir comprendre, c’est que tous les secteurs ne sont pas touchés également et que la crise va accoucher d’une situation nouvelle aux contours mal définis ou encore imprécis.

  • Quid du petit commerce ?
  • Quid du secteur de l’hôtellerie et de la restauration ?
  • Quid des industries touristiques ?
  • Quid des activités culturelles ?
  • Quid de l’économie du sport ?
  • D’autre part, quel sera l’avenir du télétravail ?

Y aura-t-il des conséquences heureuses sur la revitalisation d’une France périphérique qui pourrait retenir dans nos petites villes et nos bourgs ruraux maints salariés et leurs familles, ces navetteurs qui étaient contraints jusqu’à maintenant d’aller travailler dans le Capitale ou dans les métropoles ?
Que va-t-il advenir de la génération actuelle des collégiens et lycéens auxquels on n’apprend pas à travailler normalement ? Quant aux étudiants, craignons que le désastre soit inexorable…
Dans le domaine culturel, le spectacle vivant est sinistré et le patrimoine fragilisé : comment retrouver une vraie vie intellectuelle dans ces conditions ? Cinéma et télévision sont bridés dans leurs capacités de créations et de productions…
Dans ce contexte désolant (on pourrait continuer la litanie de la dégradation de la situation), il convient cependant de faire le point et, si possible, de relever tous les indices d’espoir : ils seront le contrepoint, secteurs par secteurs d’activités, des constats navrés de la baisse d’activité.

I – AU PLAN EXTÉRIEUR

À la crise virale s’ajoute la crise du Brexit. Ne jamais oublier qu’en matière de commerce extérieur, seules les relations commerciales avec le Royaume Uni étaient excédentaires pour la France. La Normandie, après les Hauts de France, est aux premières loges. Le trafic transmanche est déjà perturbé et, après le 1er janvier 2021, il faudra se réadapter. Sommes-nous prêts ?
Ports Normands Associés (Dieppe – Cherbourg, Caen-Ouistreham) déploient des efforts considérables – douanes, gestion des flux –. Sera-ce suffisant ?
Les deux Grands Ports Maritimes du Havre et de Rouen sont sans doute mieux armés… Mais qu’en est-il vraiment des perspectives de la pêche ?
En toute dernière extrémité, l’accord sur le Brexit s’est achevé sur un modus vivendi et operandi sur la pêche : est-ce solide ? Nous avons noté avec satisfaction que le Traité de la Baie de Granville avait été reconduit avec les Iles normandes de la Manche : Jersey et Guernesey ont trop à faire avec la Normandie continentale et savent depuis toujours être dans la situation de ne pas être partie prenante de l’Union Européenne. Les relations inter-normandes, donc, sont peut-être le modèle de ce que seront les relations entre le Royaume-Uni et le continent, la France et la Normandie au premier chef. Parmi les conséquences du Brexit concernant la pêche, le fait que les pêcheurs de l’Union Européenne aient moins l’accès aux zones de pêche britanniques implique, qu’en Baie de Seine, la concurrence avec les Belges et les Hollandais s’exacerbe déjà. Les chalutiers-géants néerlandais suscitent l’inquiétude sur les quais de nos ports.

II- ACTIVITÉS PORTUAIRES ET MARITIMES

L’allusion à la pêche nous entraîne à évoquer dans la foulée le devenir de nos ports. La grande affairer du trimestre a été le choix du siège d’HAROPA au Havre. Choix normal, nous l’avons dit en son temps. Dans les projets, il semble que Le Havre s’engage délibérément dans la bonne voie (relance de la plate-forme multi-vrac, projet de « chatière », etc.). CMA-CGM augmente sa capacité avec la Porte Océane, ainsi que l’armement COSCO ; Le G.P.M. de Rouen surfe sur son bon trafic céréalier cette année et se réjouit de la venue d’en navire (le Glory Amsterdam) de 225 m x 32, avec un tirant d’eau de 11 m 15. D’autre part, son annexe de Honfleur n’est pas entravée dans son développement par la crise virale.
Quant aux autres ports, ils résistent comme nous l’avons dit plus haut, sauf pour le trafic transmanche (fret et passagers).
À noter la nomination de Stéphane Raison à la barre des ports de l’Axe Seine. C’est un ingénieur des ponts, eaux et forêts, issu de l’École nationale des Travaux Publics. Il vient de Dunkerque. Nos lecteurs savent ce que nous pensons de ces nominations ministérielles de personnalités, impeccablement formés sans doute, mais de passage et n’ayant pas a priori la compétence commerciale et l’enracinement des dirigeants des ports du Northern Range.
Deux dossiers qu’il faudra suivre : les constructions navales, d’une part, la déconstruction des navires, d’autre part.
Et puis une attention devra être portée au devenir du trait de côte : les falaises reculent, les côtes plates craignant les submersions. La Normandie est très concernée.

III- SÉCURITÉS ET INSÉCURITÉS

Nous évoquions l’activité du Port du Havre : c’est une plaque tournante et une cible. Cible des cyberattaques : la cybercriminalité progresse partout, et pas que dans nos ports. Les spécialistes de l’intelligence économique mettent en garde organismes et industriels : cette lutte devrait être coordonnée à l’échelon national (c’est le cas) et relayée à l’échelon régional : sommes-nous prêts et formés ?
Le Havre est aussi une plaque tournante de la drogue et les saisies sont de plus en plus fréquentes et intenses. Cela encourage la grande délinquance et l’insécurité. Les milieux autorisés lancent un cri d’alarme : la société se délite. En Normandie comme ailleurs. Il n’est que de lire la presse pour s’en convaincre. Ajoutons à cela les manifestations de l’islamisme radical et on peut se demander si l’on n’assiste pas à un début de « libanisation » de certaines zones de Normandie, devenant petit à petit terre de djihad. Évidemment cela accroît la morosité de la société normande qui n’en peut mais.
Hausse des petits et grands délits complète ce sinistre tableau. C’est une source d’inquiétude.
Que faut-il penser, par exemple, de cette vague de mutilations d’équidés qui a sévi particulièrement en Normandie, terre du cheval ?
L’insécurité sanitaire est actuellement oblitérée par la crise du Covid 19, mais les désertifications médicales persistent dans le rural profond et, même, dans les villes. Le départ en retraite sans remplacement des généralistes inquiète la population. Quant aux spécialistes…

Néanmoins des lueurs d’espoir permettent un optimisme mesuré : l’Hôpital du Havre se hisse dans le Top 10 en France, un Institut « Sang et Cerveau » vient d’être créé à Caen dans la structure Cyceron, avec un IRM nouvelle génération, le CHU de Rouen vient de réussir une première mondiale dans le traitement d’une insuffisance cardiaque par l’implantation d’une microsone quadripolaire Axome TM et le Centre de recherches et d’études sur le médicament de Normandie (CERMN = s’engage sur le traitement de la maladie d’Alzheimer.

IV- AUTRES FAITS DE SOCIETE

Il y a fort à parier qu’en 2021 on parlera de l’amplification galopante de l’accueil des mineurs non accompagnés (M.N.A.) par l’A.S.E. de chaque département : le budget en devient exorbitant, bientôt l’équivalent de l’entretien des routes départementales (sur lequel il y aurait beaucoup à dire). L’État compense mal, comme d’habitude, et des départements deviennent de plus en plus des pompes à fric de la protection sociale dévoyée. Vont se poser évidemment avec plus d’acuité les problèmes liés à l’immigration sans contrôle.
Tout cela se passe dans le contexte navrant d’un hiver démographique qui frappe durement la Normandie : elle perd des habitants, elle vieillit et sa population change. S’agit-il des prémisses du Grand Remplacement ?
Parmi d’autres faits de société de société, nous relevons la nomination d’un nouvel évêque pour le diocèse de Bayeux – Lisieux, Mgr Habert, et, toujours à cause de la crise virale, une chute impressionnante de la collecte du Denier du culte.
Du côté des médias, la reprise de Paris-Normandie par le groupe nordiste Rossel se faisant dans le contexte de la crise, il est difficile d’en apprécier le bénéfice pour les lecteurs : nombre d’éditions locales sont regroupées et la pagination de ce journal… ne grossit pas (euphémisme).
Malgré une indécente et coûteuse campagne de publicité menée par la Poste, constatons – en Normandie comme ailleurs – une dégradation scandaleuse de la distribution du courrier et la fermeture de nombreux bureaux de poste ou la réduction des heures d’ouverture de certains d’entre eux.
Est-ce ainsi que l’on va revitaliser le rural ? La politique dite des « Petites Villes de demain », à l’inverse, peut réveiller ces dernières.

V- CONTRASTES DANS LE SECTEUR ÉNERGÉTIQUE

L’information la plus importante, mais pas encore opérante, est l’annonce par EDF de son intention de construire un second E.P.R. à Penly. Hurlements des écologistes, approbation des élus locaux (notamment du PCF…), satisfaction de la majorité du Conseil régional : un long débat commence et n’est pas prêt de s’achever. Pas plus que ne s’achève le chantier de l’E.P.R. de Flamanville d’ailleurs. Notre position est claire : pour des raisons écologiques (mais oui !) et pour des raisons d’indépendance nationale, sans compter le coût de la production de l’électricité nucléaire, nous sommes favorables à la poursuite du programme nucléaire français. Nous nous doutons cependant que l’affaire sera au centre des débats de la prochaine campagne électorale des Régionales et des Départementales.
Alors que le solaire – nous devons l’avouer : nous n’y croyions pas trop en Normandie – connaît in développement important et de surcroît accepté dans la Région, l’éolien terrestre suscite de vigoureuses oppositions : il paraît que l’on veut tripler le nombre des aérogénérateurs dans des « fermes éoliennes » de plus en plus fournies. Le degré d’acceptabilité de la population normande a des limites et la presse est pleine de protestations en tous genres.
Qu’en est-il de l’éolien off-shore ? Beaucoup de contestations (pêcheurs – tourisme) et de scepticisme, mais la perspective de faire de la Normandie la première région productrice d’électricité à partir de l’off-shore qui s’accompagne de la création d’usines de construction et de maintenance d’éoliennes au Havre et à Cherbourg séduit certains milieux. Affaire à suivre donc.
Au plan de l’industrie pétrolière, on a des inquiétudes sur le devenir à terme des deux grandes raffineries de la Basse – Seine : Exxon, à Notre-Dame de Gravenchon, Total, à Gonfreville – L’Orcher. Cependant les multiples investissements consentis par ces grandes firmes, notamment pour diversifier la filière raffinage, laissent à penser que, sitôt la crise passée, Exxon et Total reprendront le cours de leur développement.
La vraie innovation en matière énergétique nous paraît être l’utilisation de l’hydrogène : la Normandie semble bien placée. Un permis de construire d’une usine de production d’hydrogène vert vient d’être déposé à Saint – Jean de Folleville – Zone Industrielle de Port – Jérôme et le site de Vernon d’Ariane Group va devenir un cluster pilote dans le domaine de l’hydrogène. La Région encourage la filière : « Près d’un tiers de la consommation nationale d’hydrogène se fait en Normandie », indique la collectivité.
On dit généralement que la meilleure source énergétique est constituée par les économies d’énergie. En Normandie, 209 projets d’économies énergétiques ont été retenues dans le cadre de la rénovation énergétique des bâtiments publics de l’État et de l’Enseignement supérieur dans 60 communes. C’est un investissement de 77 millions d’euros et beaucoup d’heures de travail B.T.P. en perspective.
Il reste un filon énergétique insuffisamment exploré en Normandie, c’est la méthanisation. Elle suscite des oppositions… qui se calment lorsque les installations sont bien réglées. C’est un département de l’utilisation de la biomasse et rien que pour le bois de chauffage, la Normandie se redécouvre des atouts.
La Normandie reste l’une des principales régions productrices d’énergie en France et elle montre qu’elle peut affronter la diversification énergétique.

VI- LA FERME NORMANDE SUBIT LA CRISE, MAIS DISPOSE DE SOLIDES ATOUTS

Bonne année pour les céréales, descente aux enfers pour les betteraviers et la filière sucre. La filière Lait/Élevage bovin se maintient. Se posent les problèmes du maraîchage – fermeture du commerce alimentaire de détail –, de la production de carottes (interdiction d’un pesticide), mais aussi promotion des circuits courts de production des produits de la ferme.
Un des points forts de l’agriculture normande, c’est la liniculture et la transformation du lin. Le lin « made in France » – on devrait dire « made in Normandy » - a la cote dans le monde. « Le lin retisse sa toile normande » : une filature est en projet dans l’Eure. Certes la crise a freiné des ambitions des liniculteurs, mais la Normandie détient, là, un énorme potentiel de croissance, ne serait-ce que par la multiplication des usages du lin.
La crise est terrible pour la filière cidricole. Toutes les autorités, la Région au premier chef, se penchent au chevet de la malade. Pourtant, avant la crise, un certain réveil des exploitants de vergers et des transformateurs cidricoles laissait augurer une belle croissance analogue à celle des brasseurs de bière. La filière cidre sera-t-elle en mesure de reprendre l’offensive ?

VII - PRÉOCCUPATIONS ENVIRONNEMENTALES

Nous serons moins diserts sur ce chapitre : nos amis de l’Organisation Normande de Défense de l’Environnement (O.N.D.E.), avec leur bulletin mensuel, Fréquences Normandes, vous adressent, chers lecteurs, un panorama le plus large possible des problèmes environnementaux.
Cependant, nous mettrons l’accent sur quatre sujets de préoccupations qui défraient la chronique dans les journaux.
 On redécouvre le bienfait des haies bocagères au plan écologique, pour améliorer l’élevage par le bien-être animal, pour embellir le paysager et pour le bois de chauffage. Évidemment, cela défrise les adeptes des grandes cultures en openfields et les marchands d’engins agricoles (qui grossissent d’années en années). Mais la lutte contre les nouveaux aléas climatiques rend indispensable la reconstitution d’un réseau dense de haies.
Nombre de municipalités protestent dans la presse contre les dépôts sauvages de déchets de toutes sortes. C’est un vrai fléau. Cette pratique délictueuse, qui s’apparente au vandalisme, augmente, comme toutes les incivilités. Une question se pose : la police rurale (les gardes-champêtres) sont-ils suffisamment nombreux pour surveiller la campagne et réprimer au besoin ces comportements irresponsables ? Cela étant, à la fameuse décharge Dollemard, près du Havre, le tri a débuté : la réhabilitation de ce site de bordure de mer devrait durer plusieurs mois. Il en est de même de la décharge des falaises de Saint-Aubin, près Quillebeuf, en bordure de Seine.
On a commencé la démolition des barrages du Sud Manche, au grand dam des riverains et dans la crainte des futures inondations qui ne manqueront pas d’arriver dans la vallée de la Sienne. Il s’agit, rappelons-le, de permettre la remontée des poissons perturbés, les pauvres, depuis les années vingt du XXe siècle… Partout, en Normandie, on remet en cause les biefs des anciens moulins, pour les mêmes raisons et, triomphante, la presse annonce que « le poisson va pouvoir revenir en Suisse Normande »… sauf que les travaux du barrage de la Madeleine, à Pont-Audemer, provoquent des nuisances et des dégâts sur les maisons riveraines.
Le réchauffement climatique modifie la composition du manteau forestier. Le hêtre, particulièrement emblématique de la forêt normande, s’adapte mal au nouveau climat et les spécialistes préconisent des reboisements avec d’autres essences.

VIII - MOBILITÉS & COMMUNICATIONS

Est-il utile de dénoncer une fois de plus les nombreux manquements de la SNCF envers la Normandie ? La Région, une fois de plus, conteste la redevance d’usage pour des services de plus en plus aléatoires. Les coups de sang d’Hervé Morin provoquent des promesses de la part des dirigeants de la féodalité ferroviaire… jusqu’à la prochaine fois.
Cela étant, on songe à relancer la ligne Motteville – Saint-Valery, pour désenclaver le territoire. La Région et les autres collectivités normandes se disent prêtes à financer le « saut-de-mouton » de Clichy pour désengorger Saint-Lazare. Les usagers attendent avec impatience la livraison des premiers trains Omnéo de chez Bombardier : le retard, là, encore, serait dû à la crise.
Inquiétudes pour les ponts stratégiques de Tancarville et de Normandie. On vient de dépenser 140 millions d’euros pour leurs entretiens et l’avenir n’est pas serein… Qu’arriverait-il si ces ponts essentiels rendaient leurs tabliers ?
La crise, toujours la crise, a mis à mal le transport aérien. Le trafic des aéroports normands a plongé. Quand repartiront-ils ? En attendant, à Deauville – Normandie, outre la modernisation de l’aérogare, on prépare sur une partie inoccupée de l’emprise aéroportuaire la réalisation d’une centrale solaire…
C’est au plan des communications immatérielles qu’il y a lieu d’être optimiste : peu à peu, la fibre optique se déploie en Normandie, aussi bien dans la Manche qu’en Seine-Maritime, où le délégué régional d’Orange, Marc Maouche, annonce que l’opérateur va être en capacité de relier 750 000 logements et locaux professionnels.
En matière logistique, la Normandie se place au premier rang. Ainsi l’entreprise AG Real Estate fait construire Navlog, le plus grand entrepôt de logistique en blanc au pied du Pont de Normandie. Le géant européen Dachser ouvre son premier site en Normandie, à Grand-Quevilly (12 000 m²). Il n’est donc pas étonnant que l’Institut Supérieur de Logistique du Havre (I.S.E.L.) développe l’accueil et la formation de 600 élèves, en partenariat avec Vernon et Paris. Malgré le confinement et en accord avec l’Université du Havre, les travaux pratiques de cette formation ont pu se dérouler dans divers bâtiments universitaires.

IX – TOUT NATURELLEMENT ? ABORDONS LES PROBLÈMES DE FORMATIONS

C’est peu de dire que le Covid 19 perturbe toutes les formes de formation, y compris l’apprentissage que l’État et la Région promouvaient ardemment avant la crise. La vie étudiante est sacrifiée et la distinction entre le « présentiel » et le « non présentiel » montre à l’évidence qu’une génération de jeunes souffre durement des différents confinements. La société en paiera les conséquences et pas seulement les jeunes.

Quelques motifs d’espérance :

  • L’Université de Caen lance des recherches sur l’origine de la pandémie.
  • Caen occupe la 18e place dans le classement des universités du magazine L’Étudiant (selon cinq critères : attractivité, formation, vie étudiante, cadre de vie, emploi). Rouen est 22e et Le Havre 38e
  • L’Université de Caen se dote de 2,4 millions d’euros de matériel informatique pour l’enseignement à distance.
  • Création d’une école d’usinage dans le Cotentin.
  • Première formation professionnelle de dentelle à aiguille de Normandie.
  • Création d’une école pour les « décrocheurs » au Havre vers des filières plutôt industrielles.
  • L’I.N.S.A. de Rouen ouvre un CFA pour trois formations d’ingénieur en alternance
  • Neoma Business School (L’E.S.C. de Rouen) et l’École de Management de Normandie (Caen – Le Havre – Deauville) se placent très honorablement dans le palmarès des Grandes Écoles de Commerce.
  • Une École de Design est lancée à Deauville.
  • Pour les Écoles d’ingénieurs généralistes, l’INSA de Rouen est classée 11e, l’Esigelec (Rouen) 14e
  • Pour les Écoles de Transport et logistique, l’ISEL du Havre est 13e.
  • On parle de créer une École vétérinaire en Normandie.
  • Les trois Universités normandes portent une École universitaire de recherche, XL-Chem, en partenariat avec l’ENSI de Caen et l’INSA de Rouen.
  • Un Institut supérieur de l’Électronique et du Numérique s’est ouvert à Caen.

Il n’y a donc pas lieu de désespérer. Mais l’État semble avoir barguigné les financements pour le Supérieur et la Recherche en Normandie. Le Président de la Région, Hervé Morin, soutenu par toute la communauté universitaire et nos grandes écoles, menace de ne pas signer le Contrat de Projets Etat-Région si le ministère de l’Enseignement Supérieur ne revoit pas sa copie. Hervé Morin en appelle au Premier Ministre. Nul doute que l’on va reparler de cette partie de bras de fer entre l’État et la Région durant le premier semestre de l’année 2021.

X – LA DÉGLINGUE DES ÉCONOMIES DU TOURISME, DE L’HÔTELLERIE-RESTAURATION, DE LA CULTURE, DES LOISIRS ET DU SPORT

On mesure mal l’ampleur du désastre économique et social qui s’annonce dans certains secteurs… Il faudrait sans doute faire une distinction entre les activités qui ne sont qu’à l’arrêt ou en recul et celles qui ne se relèveront pas de la crise… Ce qu’il y a de rageant dans la situation, c’est que, la plupart du temps, l’outil de travail, l’entreprise et, même, la clientèle sont intacts. Il ne s’agit pas d’une destruction comme dans une vraie guerre. Du jour au lendemain, tout pourrait repartir… mais les trésoreries sont exsangues et l’aide de l’État (exceptionnelle dans son ampleur) risque de ne pas être suffisante pour envisager un redémarrage serein.
Le tourisme est en recul, mais la Normandie a sauvé l’essentiel avec une saison d’été somme toute honorable. Encore faut-il nuancer entre tourisme balnéaire qui a tiré son épingle du jeu et le tourisme urbain plus impacté par la désertion des touristes étrangers. La chute de la fréquentation des musées, châteaux ne va pas favoriser l’entretien du patrimoine.
L’hôtellerie – restauration connaît un véritable séisme : combien d’hôtels, d’auberges, de restaurants, de bars vont devoir mettre la clef sous la porte ? D’eux, pourtant, dépend une grande part de l’attractivité de la Normandie.
La situation est peut-être plus contrastée dans le monde sportif – vu en tant qu’économie du sport – car les disciplines ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Trois sports semblent s’en tirer mieux : l’hippisme, la voile, le cyclisme. Ne correspondent-ils pas à des vocations profondes de la Normandie ? Tous les sports collectifs sont à la dérive. Les clubs se débattent dans des situations financières quasi insolubles et, souvent, tout est arrêté. La pratique amateur est en berne et l’habitude sportive s’évanouit. Le confinement remet tout en cause : nous sommes pessimistes pour la sortie de crise. Et les incitations de l’État et les aides ponctuelles de la Région auront du mal à relancer les pratiques sportives.
Une lueur dans cette nuit : la Normandie se mobilise quand même pour les prochaines Olympiades. Elle offre ses installations et sait qu’elle servira de base arrière pour certaines équipes d’athlètes… Mais 2024, c’est loin et, en même temps, c’est proche. Ce peut être un stimulant.
Salles de spectacles, cinémas, théâtres sont à l’arrêt. Derrière tout cela, c’est toute une économie qui périclite et c’est une partie ESSENTIELLE de la société qui se retrouve dans une nuit complète : il n’y a pas que les acteurs et les intermittents du spectacle, d’un côté, les spectateurs de l’autre qui vivent mal la crise. Il faut y ajouter tous ceux qui concourent au spectacle vivant et à la production… Malgré cela, on apprend que la Normandie reste attractive pour les tournages cinématographiques et que 2021 sera loin d’être une année blanche en ce domaine.
Quant aux loisirs… Combien de manifestations annulées ? Il ne reste plus que la télévision offerte aux foules inertes.

XI – FILIÈRES ÉCONOMIQUES EN CRISE. SURSAUTS ET MOTIFS D’ESPÉRANCE

Ne soyons pas dupes : les accidents industriels de la fermeture de la Chapelle Darblay et la fin de Vallourec n’ont pas été provoqués par la crise virale, mais ils accroissent l’angoisse du monde du salariat qui se demande si, en 2021, on ne connaîtra pas une grave défaillance en matière d’emplois.
Des fleurons de l’industrie normande rencontrent des difficultés. Cela choque dans la mesure où elles apparaissaient comme des locomotives avant le confinement.

Ex : NAE – Normandie Aerospace, qui était en pleine croissance début 2020 connaît une stagnation liée à la chute du transport aérien, mais la filière se diversifie.

Des entreprises de la filière agro-alimentaire font mieux que résister

Ex : Ferrero, à Villers-Ecalles, augmente ses capacités de production.

Les B.T.P., après un instant de sidération durant le premier confinement, relèvent la tête et profitent à plein des travaux nécessités par la transition énergétique.
Même la lutte contre le Covid 19 a suscité des capacités d’innovation pour un certain nombre de start-up.

Innovation est d’ailleurs le grand mot d’espoir de l’économie normande blessée et qui veut (et qui peut) surmonter la crise. L’État met le paquet, notamment au plan social (chômage partiel) et solidaire (aides aux entreprises en difficulté, qui sont ainsi dédommagées des contraintes du confinement.La Région intervient au moyen de dispositifs souples et donne ainsi le sentiment que les acteurs économiques en difficulté ne sont pas seuls.

Ce sera sur cette note d’espoir raisonné que nous conclurons ce tour d’horizon des actualités normandes de cette fin d’année 2020.

 

5 janvier 2021



Guillaume LENOIR
avec l’aide de Geneviève FLAMENT, Thierry LANGLOIS,
Edwige LE FORESTIER et Emma DAVESNE
 
OFFICE DE DOCUMENTATION ET D’INFORMATION DE NORMANDIE
87, rue de la République
76940 La Mailleraye sur Seine
Commune nouvelle d’Arelaune en Seine
La Rédaction